Pourquoi est-ce si difficile de communiquer en couple ?


Pourquoi est-ce si difficile de communiquer - http://mon-couple-et-moi.com

 

Nous savons tous combien communiquer peut parfois s’avérer périlleux dans notre couple.

Communiquer c’est d’abord parler de soi, de notre intimité, de ce qui nous anime (qui a une âme) au plus profond de nous-même.

Nous avons déjà vu comment être meilleur communicant dans un précédent article (savez-vous être communicant dans votre couple ?).

Essayons ensemble de comprendre pourquoi nous avons cette difficulté à parler de nous.

Les origines de notre difficulté à parler de nous.

Notre enfance : une expression étouffée

Quand nous sommes enfant, nous avons un lien de dépendance avec nos parents. L’enfant que nous étions ne pouvaient pas subvenir seul à ses besoins qu’ils soient physiologiques, psycho-sociologique ou ontique (cf. détail des besoins dans un prochain article). Nous avions des besoins, que nous avons tous tentés d’exprimer, soit par des pleurs, des cris, des colères, bref des émotions et agissements de base liés à notre animalité « évoluée » (cf. article à venir Vice et Versa : le dessin animé pour mieux vous comprendre en couple)

La plupart du temps, la grande majorité des enfants que nous étions, ont été élevés dans une dynamique de punitions/récompenses. Ces dernières pouvaient être de plusieurs niveaux et plus ou moins claires :

  • si tu fais cela tu ne seras plus aimé
  • en disant cela tu me déçois
  • si tu n’es pas sage, tu seras privé
  • etc… nous savons que chacun a eu les siens…

Tout ceci a conduit l’enfant a marqué dans son esprit des croyances fondamentales sur le monde qui l’entoure :

  • il faut que je sois gentil
  • il faut que je sois parfait
  • il faut que je sois persévérant
  • il faut que je sois fort
  • il faut que je sois prudent
  • etc…

Ces croyances impriment ensuite un comportement lié avec nos prédispositions, c’est à dire avec la personnalité de l’enfant que nous étions.

Pourtant l’attente principale de l’enfant que nous étions comme de l’adulte que nous sommes est d’être entendu (cf : L’écoute dans le couple : comment faire ? ), d’être reconnu dans ce qu’il vit dans l’instant.

Nous avons donc commencé à créer des stratégies qui permettent de contourner toute cette difficulté à être non-reconnu et pas entendu, pour répondre au besoin le plus important de ce monde et auquel chaque être aspire : l’Amour – Être Aimé !

Nos parents : notre premier modèle d’expression

Nous entendons ici par parents tous les adultes, la plupart du temps de la famille, qui évoluent dans les vies de l’enfant que nous étions.

Ainsi, nous avons pu emmagasiné un certain nombre de modèles d’expressions qui nous ont marqué à différents degrés.

Le modèle d’expression de l’homme et la femme qu’étaient nos parents à l’époque, est le premier et le plus fort des modèles intégrés.

Dans le cas, d’une famille monoparentale, le modèle peut prendre une place encore plus forte, car il n’y a plus de comparaison possible au quotidien. Seul un type d’expression existait à nos yeux, sauf si nous avions assez de contact avec d’autres membres de la famille ou amis.

Exemple de modèles qu’a eu l’enfant que nous étions :

  • couple où le patriarcat règne, l’homme impose ses pensées… et la femme laisse faire sans s’affirmer.
  • couple qui parle peu, où la confiance de se dévoiler est absente, où l’amour paraît lointain.
  • couple qui se critique tout le temps, qui relève tout ce qui ne va pas et qui est souvent en conflit.
  • couple amoureux, où la joie d’être ensemble se ressent de l’extérieur où la communication et le partage sont faciles.
  • couple dans l’indifférence l’un de l’autre, où les partenaires restent ensemble par habitude, la communication reste organisationnelle.
  • etc

L’Adulte que nous sommes : entre habitudes et peurs

• Les habitudes : un poids pour éviter les risques

Prenons conscience que notre mode d’expression d’aujourd’hui est intimement lié aux deux précédents points : le modèle de nos parents et nos stratégies pour être aimés.

Une fois adulte, ces habitudes sont bien ancrées en nous et nous amène à avoir un type de communication (ne pas se dire est déjà un type de communication).

Nous entendons bien ici que nous parlons de communiquer de notre intimité, de notre être, du qui nous sommes à l’intérieur au-delà des masques et des stratégies psycho-sociales pour faire face au monde extérieur.

Ces habitudes même si elles nous pèsent, représentent une sécurité rassurante pour nous. Répéter un schéma, nous permet de connaître d’avance les conséquences et de savoir où nous allons.

Tout ceci pour répondre en définitive, au besoin le plus vital pour un être humain : l’amour.

Il se peut que parmi ces habitudes, nous ayons pris en grippe des comportements de nos parents. Nous rentrons ainsi en guerre intérieure contre ses comportements. Nous sommes en répulsion ou rejet de certaines attitudes relationnelles.

• Communiquer différemment : des peurs viscérales

Il nous arrive pourtant parfois, d’avoir envie de nous livrer, de partager une part importante de nous. Malheureusement, les peurs de rejet, d’abandon et de jugements peuvent s’emparer de nous et nous faire rebrousser chemin de l’authenticité.

Oser se dire, c’est aussi oser livrer une part de ce qui nous anime à quelqu’un qui ne pourra peut-être pas l’accueillir à ce moment là. Ainsi, c’est prendre le risque de prendre pour nous personnellement, en tant qu’être, le rejet ou les jugements de l’autre.
Pourtant les jugements de l’autre ne sont qu’une expression maladroite d’une partie de lui qui a réagit face à ce que nous avons dit.

Le problème c’est que nous croyons, que l’autre parle de nous alors qu’en définitive il parle de lui, de son être.

Exemple :

Madame a passé du temps à préparer une tarte avec amour.
Au moment de la dégustation, elle sourit et demande à son homme : « Comment trouves-tu la tarte ? »
Celui-ci répond, de la tarte plein la bouche : « mmh ! elle est un peu fade, elle manque de fruits ! « 

Selon vous, dans quelle juste attitude être dans la situation de madame ?

Si vous ressentez de la déception (que ça ne lui plaise pas), de la frustration (d’avoir fait tout ça pour rien) ou de la colère (car tout ce que vous faîtes ça ne lui va jamais), c’est que vous avez pris cette réponse pour vous, comme si l’autre parlait de vous, de qui vous êtes !

Si en revanche vous restez profondément serein face à cette réponse, alors c’est qu’elle ne vous touche pas personnellement. Vous êtes capable d’entendre dans cette réponse, l’autre parler de lui, de son ressenti, c’est-à-dire que pour lui la tarte serait parfaite avec plus de fruits et plus de sucre pour être à son goût. C’est ce que nous appelons : sa raison. Elle n’a rien à voir avec vous, avec qui vous êtes.

Notre culture : confusion entre l’égo et l’être

Combien de phrases avons-nous entendu du type « ne te mets pas en avant, reste à ta place, tes émotions tu les gardes pour toi, on ne pleure pas en public, etc. « 

Notre culture confond le fait de se mettre en avant : le « MOI JE » avec l’expression de l’être : « JE ».

D’ailleurs, dans le « MOI JE » nous retrouvons la notion du « MOI » l’être psycho-social, l’égo dont parlent Carl Gustav JUNG et Abraham MASLOW.

Quand nous parlons simplement avec le « JE » c’est l’être qui s’exprime, ce que C.G JUNG a appelé le « SOI ».

Parler au « JE » c’est prendre toute la responsabilité de ce que nous disons.
Or, nous avons vu précédemment que nous croyons prendre le risque d’être rejeté… Ainsi, nous avons pris l’habitude de parler avec un pronom personnel bien pratique en français le « ON ». Nous pouvons noyé, avec une grande dextérité et un nuage d’abstraction, ce qui se cache au fond de nous. Il n’y a pas d’implication véritable.

Par ailleurs, notre culture s’intéresse beaucoup aux représentations du faire et de l’avoir mais très peu à celle du ressenti, de la sensation, du « comment c’est à l’intérieur pour moi quand j’ai ou que je fais telle ou telle chose. « J’ai une très belle maison à la campagne ». Mais derrière, cette possession, que ressent le « Je » quand il est dans cette belle maison à la campagne ?

Les conséquences potentielles dans la vie de couple

Nous avons vu précédemment combien nous avons été conditionnés par notre passé et notre expérience. Au fil du temps, nous avons tous adopté des stratégies plus ou moins conscientes pour faire face aux difficultés que nous avons rencontré.

Vous pouvez à présent prendre plus conscience des conséquences et des difficultés que cela peut entraîner.

Nous pouvons citer plusieurs de ces conséquences, qui se retrouvent fréquemment :

  • Vous faire passer en second, après l’autre,
  • Manquer de confiance en vous et espérer que l’autre en ait pour deux,
  • Manifester de la violence intérieure contre vous (culpabilité, pression intérieure, auto-dévalorisation, auto-jugement, etc…),
  • Manifester de la violence extérieure contre l’autre (colère, agressivité, jugement et critique sur l’autre, etc…),
  • Manquer d’attention à vos sensations physiques, vos émotions/sentiments et à vos besoins,
  • Manquer de vocabulaire pour parler de ce que vous ressentez, de ce qui se passe en vous.

Peut-être vous reconnaitrez-vous dans certains de ces points. Nous verrons dans d’autres articles comment remédier à ces conditionnements qui vous empêchent de vivre heureux et épanoui dans votre vie de couple.

ET VOUS ?

Actuellement, qu’est-ce qui vous gâche le plus la vie dans votre couple ?

Merci de partager votre réponse dans les commentaires.

Nous y répondrons.

 

crédit photo :  rodjulian

 


A propos de Aurélie & Vincent

Nous sommes passionnés de développement personnel, de communication, de psychologie, de sexualité et de sensualité. Nous souhaitons transmettre aux couples tout le potentiel qu'ils ont de se développer ensemble. Pour cela nous mobilisons tous nos savoirs, savoir-faire et savoir-être de coachs et de thérapeutes pour contribuer à faciliter la vie de couple au quotidien.

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *