Utilisez-vous ce système relationnel dramatique dans votre couple ?


Système relationnel dramatique - http://mon-couple-et-moi.com/

De nombreuses personnes vivant en couple ne sont pas satisfaites de leur relation avec leur partenaire. D’ailleurs de nombreux indices fournissent la preuve que notre relation de couple est basée sur un système relationnel pernicieux et pervers. À plus ou moins long terme, ce système relationnel nous entraîne dans des réactions de soumission ou d’opposition, dans une non confiance et un non amour de soi puis envers l’autre, nous entretenant dans un état d’insatisfaction et dans un cercle vicieux de dépendance et de violence envers l’autre et envers soi. 

Alors quels éléments reconnaissables font de nous un couple qui utilise ce système relationnel pernicieux et dramatique ? Quels effets réactionnels obtient ce système ?

Les manifestations du système relationnel pernicieux dramatique

Les injonctions sur notre partenaire

Nous avons tous reçu très tôt des injonctions ou des ordres de nos parents du type : « tu dois être gentil avec ton petit frère, il est plus petit », « tu dois manger de tout, dans la vie il ne faut pas être difficile », nous dictant ainsi la conduite à avoir, nous déresponsabilisant très tôt de nos actes, de nos pensées et de nos sentiments.

Il est alors tout à fait habituel de voir ce système se poursuivre dans toutes nos relations avec des « tu dois », « tu devrais », « il faut que », « tu me… » (culpabilisant), « si tu… ».

Par exemple dans le couple :
« Tu devrais passer plus de temps à la maison, tu verrais comme ça tout ce qu’il y a à faire ! »
« Il faudrait que tu arrêtes de regarder ces bêtises à la télé, tu perds ton temps… »
« Tu me mets la pression, j’en ai marre de tout faire. »
« Tu m’énerves à toujours oublier de faire ce que je t’ai demandé. »
« Si tu m’aimais, tu arrêterais d’inviter tes copains que je ne supporte plus. »

Toutes nos injonctions parlent « sur l’autre », le définissent et le cataloguent dans une case. Elles nous permettent de ne pas nous impliquer et de nous déresponsabiliser dans ce que nous ressentons, reportant la faute ou l’obligation sur l’autre. Nous remettons en question l’autre en oubliant de nous remettre en question nous-même.

Nous pouvons remarquer que ce système est basé sur la croyance que nous affirmons notre place en nous affrontant à l’autre, qu’il doit y en avoir un qui a raison et un qui a tord, qu’il faut un dominant et un dominé. Nous sommes dans un rapport de force et de pouvoir sur l’autre.

Ces mêmes injonctions, nous pouvons aussi avoir l’habitude de nous les donner à nous même comme :
« Je dois être une femme dévouée et exemplaire à la maison pour le bien-être de ma famille. »
« Il faut que je sois fort sinon les autres vont me marcher dessus. »

Les menaces et les chantages

Lorsque nous menaçons notre partenaire, en lui annonçant un risque à venir, nous limitons sa liberté de choix, nous entretenons sa dépendance et nous freinons sa prise d’initiative.
Quand nous utilisons le chantage, nous tentons d’imposer notre influence sur le comportement de notre partenaire, souvent avec l’aide d’une menace et d’un jugement.
Les menaces et les chantages sont une stratégie pour soumettre l’autre à nos injonctions. Nous sommes dans un rapport de dominant-dominé où l’un exerce son pouvoir sur l’autre et l’autre se soumet en acceptant le pouvoir du premier.

Par exemple :
« Si je découvrais que tu me trompes, je te massacrerai. »
« Tu ne m’écoutes jamais, tu verras un jour tu n’auras plus personne à écouter. »
« Si tu ne m’aides pas à nettoyer la maison avant que ta famille arrive, je ne prépare rien à manger pour eux ! »
« Si tu n’es pas rentrée à la maison d’ici 20 minutes, tu vas voir ce qui va arriver. »

Les dévalorisations, les reproches et les jugements

Quand quelque chose nous gêne ou nous dérange chez notre partenaire, nous avons l’habitude de le dévaloriser, lui faire un reproche et de le juger dans le but de le stimuler à changer son comportement. Mais notre stratégie n’obtient rarement l’effet escompté sans désagrément pour notre relation car nos messages sont avec une intention sur l’autre et ne sont pas coopératifs. Une fois encore, nous sommes dans un rapport dominant-dominé ou persécuteur-victime.

Dans ce registre nous trouvons tous les reproches, les plaintes, les insultes, l’ironie, les humiliations, les généralisations, les comparaisons, les disqualifications et tous les jugements.

Par exemple :
« Tu vois, quand tu veux bien te donner la peine, tu y arrives ! »
« Tu as vu les autres couples, ils sortent eux. »
« Tu pourrais faire des efforts vestimentaires quand même, tu as vu la femme de Pascal, elle toujours élégante avec peu de moyen financier ! »
« On ne peut jamais te faire confiance. »
« Tu n’as jamais été capable de tenir tes engagements. »

Les culpabilisations

En utilisant la culpabilisation, nous laissons croire à notre partenaire qu’il est responsable de notre malaise et de notre souffrance. Nous donnons ainsi la responsabilité de notre bien-être à notre partenaire, nous déresponsabilisant par la même occasion de tous nos ressentis et réactions.
La culpabilisation va souvent avec un reproche et vise à changer le comportement de l’autre qui se sentira coupable du mal être de sa/son partenaire. La personne recevant la culpabilisation se chargera ainsi du poids de bien faire pour sa/son partenaire, faisant ainsi des efforts pour tenter de combler ses attentes et de la/le rendre heureuse(x) quitte à en oublier ses propres désirs et besoins qui passeront en derniers.

Par exemple :
« Ça ne te fait rien à toi que j’annule mon rendez-vous parce que tu as décidé d’inviter tes amis chez nous au dernier moment, ça ce voit que c’est pas toi qui prépare tout ! Je sens que je ne suis pas loin de la dépression avec autant de stress que tu me donnes ! »
« Tu ne te rends pas compte de ce que tu me demandes encore, avec tout ce que je fais pour toi, je suis déjà épuisé, je vais finir au bout du rouleau. »

 

Les effets de ce système relationnel dramatique

 

Ce système étant basé sur la non-remise en question de nous-même, il accuse notre partenaire et le met en cause dans notre insatisfaction.
Dans notre couple, nous utilisons inconsciemment ce système régulièrement aussi bien dans un sens que dans l’autre. Ensuite, nous ne comprenons pas pourquoi l’autre ne change pas, malgré nos messages (certes piquants, blessants et avec forces mais que nous croyons bons pour l’autre) et pourquoi les tensions et les conflits sont de plus en plus présents dans notre vie de couple.

En fait, ce système de communication se perpétue par des réactions en chaîne, plus ou moins inconscientes, comme :

La soumission, le retrait et l’auto-privation

Ce sont des effets que peuvent avoir ce système relationnel de pouvoir sur l’un ou l’autre des partenaires. De peur de perdre l’autre ou d’envenimer d’avantage la relation de couple, l’un des partenaires peut accepter la vision ou le choix de l’autre à contre cœur, en mettant au placard sa propre vision et ses valeurs personnelles. En se mettant ainsi dans une position de soumission ou de victime, nous nous auto-privons de nous exprimer librement, nous nous mettons alors en retrait. Cette position est plus souvent prise par la personne qui doute le plus et qui a peu confiance en elle.

Dans la soumission, il y a la négation de nous-même, la notion de sacrifice pour l’autre, la pseudo-acceptation, l’attitude passive de dépendance affective. Dans un couple, souvent c’est la même personne qui prend cette position mais elle peut être prise alternativement par les deux personnes suivant le sujet en question.

Cette réaction de soumission a pour effet de stopper momentanément la tension ou le conflit. En surface tout va à peu près bien, il y a peu de disputes. Mais au fil du temps, elle entraîne insatisfaction, frustration, mal être, rancœur à l’intérieur de la personne qui se contraint pour l’autre. Parfois, la personne en retrait fini par se désengager de la relation de couple, en se disant « à quoi bon », « ça ne sert à rien ».

L’opposition et l’agression

L’opposition est une réaction de rejet et d’agressivité. Dans ce cas là, nous gardons notre position et notre point de vue sur le sujet, refusant tout autre point de vue. Nous surenchérissons dans la critique, l’accusation, le jugement et la disqualification de l’autre, tout en justifiant notre vision.

Nous sommes dans un combat de qui a tord, qui a raison, nous voulons affirmer et imposer notre pouvoir sur l’autre, nous tentons d’influencer le comportement de l’autre par tous les moyens possibles pour qu’il corresponde enfin à nos attentes. 
Nous n’acceptons pas la différence de l’autre sur le sujet en question.
Nous sommes dans une vision binaire : soit l’autre est de notre côté avec nous, soit il est contre nous. Ainsi, nous acceptons que ce qui va dans notre sens et rejetons tout ce qui va à notre encontre ou est juste différent de nous.

Ces réactions d’opposition et d’agression entretiennent les tensions et les conflits dans le couple, engendrant insatisfaction et mal être chez les partenaires.

La fuite, la dérobade

Cette attitude de fuite dans le silence et dans les actions survient généralement au bout d’un certains nombres d’années de soumission, d’opposition et de non-expression.

En effet, lorsque notre partenaire nous parle ou nous soulève une difficulté, nous nous dérobons dans le silence ou dans la fuite physique pour échapper au pouvoir que l’autre veut nous imposer. Ainsi nous nous désengageons de notre relation de couple en niant ce que notre partenaire veut nous dire ou faire. Nous ne prenons plus position, nous laissons l’autre seul. Dans ce cas là, notre partenaire se sent frustré et blessé de ne pas être entendu et reconnu.

Le couple devient alors une cohabitation avec certains avantages matériels où toute véritable communication de soi est empêchée. L’amour et la proximité est comme perdue.

 

Pour conclure

Ce système relationnel dramatique, tentant d’influencer l’autre, est tellement répandu qu’il existe dans toutes nos relations aussi bien dans le couple, dans la famille, qu’avec les amis ou encore au travail…
Nous y sommes tellement habitués, que nous croyons qu’il fait partie de la vie, que c’est la société qui veut ça… Et là encore nous mettons en cause des faits extérieurs à nous-même, oubliant même de nous remettre en question.
Car ce système relationnel se perpétue dès lors qu’il y a deux personnes pour y participer !

Alors, pourquoi nous participons encore à ce système s’il ne nous convient pas ? Parce que nous y trouvons un bénéfice, une certaine zone de confort et de sécurité dans ce système bien connu, nous empêchant de nous diriger vers le changement encore inconnu, suscitant en nous certaines craintes et peurs.

Et si nous décidions de nous diriger vers un système de communication plus respectueuse de chacun, dans une bienveillance relationnelle :

  • où ce que l’être ressent est le plus important,
  • où chacun s’exprime au « je » en prenant sa propre responsabilité
  • et où chacun apprend à s’ouvrir à toute la richesse des partages offerts et reçus.

Et si nous contribuerions à notre propre bien-être, à développer notre confiance en nous et notre amour propre en apprenant petit pas par petit pas à révéler le meilleur de nous-même.

Nous verrons dans de prochains articles : comment commencer ce chemin vers le meilleur de nous-même en prenant le temps d’aller nous rencontrer.

 

Aurelie & Vincent
Vos coachs & thérapeutes en communication consciente et bienveillante pour améliorer votre vie de couple.

 

Et vous, qu’attendez-vous pour vous donner le meilleur de vous-même ? 

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crédit photo : deagreez

 

 

 

 

 

 

 

 

 


A propos de Aurélie & Vincent

Nous sommes passionnés de développement personnel, de communication, de psychologie, de sexualité et de sensualité. Nous souhaitons transmettre aux couples tout le potentiel qu'ils ont de se développer ensemble. Pour cela nous mobilisons tous nos savoirs, savoir-faire et savoir-être de coachs et de thérapeutes pour contribuer à faciliter la vie de couple au quotidien.

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